Vampires assoiffés de sang et qui s’accrochent dans les cheveux…Ahh, un cri d’effroi transperce la nuit ! Voilà l’image d’Épinal qui colle à la peau des chauves-souris. Pourtant parmi la trentaine d’espèces vivant en Europe, aucune n’est chauve, ni souris et encore moins vampire ! Ce sont des mammifères bien poilus qui, sur ce continent, se nourrissent exclusivement d’insectes et, qui plus est, sont toutes protégées par la loi.
Les scientifiques les appellent chiroptères, ce qui peut se traduire par « animal qui vole avec les mains ». Elles représentent les mammifères les mieux adaptés au monde aérien, capables d’atteindre la vitesse de 60 Km/h pour certaines, de faire des vols battus, planés, piqués et sur place.
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Chasseresses high-tech
Actives la nuit, elles sont capables de se diriger dans l’obscurité et de repérer leurs proies après le coucher du soleil. Leurs yeux étant peu performants, elles ont développé un « sixième sens », l’écholocation, qui fonctionne approximativement comme un radar : la chauve-souris pousse des cris très aigus dont l’écho lui revient quelques centièmes de secondes après avoir rencontré un obstacle. Le temps qui s’écoule entre le cri et son écho renseigne alors le mammifère volant sur la distance qui le sépare de l’obstacle ainsi que sur sa position et parfois même sur la taille, la forme et la caractéristique de l’objet (ou de la proie) . La portée de ce radar est de trois à quatre mètres. Tout un système donc, qui les rend des plus performantes pour chasser les insectes. Un exemple : une colonie de 50 pipistrelles détruit au moins 15 Kg d’insectes chaque été ! Et si on imagine que la plupart des insectes pèsent moins d’un gramme, le calcul révèle des quantités prodigieuses !
C’est en automne qu’ont lieu les accouplements. La période hivernale voit alors une « gestation en suspend » ; les futurs bébés ne commencent leur développement embryonnaire qu’au printemps. Une fois nés, l’élevage est collectif : quand des femelles s’absentent pour chasser, les autres prennent en charge leur petit, jusqu’à ce qu’ils soient autonomes et ce dès cinq semaines. C’est là une solidarité hors du commun dans le règne animal.
En Europe, l’hiver, les insectes se font rares. Les chauves-souris se mettent alors à vivre au ralenti : elles hibernent. Pour s’y préparer, elles se gavent d’insectes tout l’automne, et accumulent ainsi des réserves de graisse. Dès que la température descend au dessous de 10°C, elles cessent leurs activités extérieures et cherchent un abri, parfois à plusieurs kilomètres de leur territoire habituel. Le gîte doit alors être frais et humide pour éviter le dessèchement des ailes : grotte, trou d’arbre, cave, fissure de roche, vieille grange… C’est alors la période durant laquelle elles sont le plus vulnérables, pour peu que certains aient l’idée de réparer quelques vieux bâtiments… Sans compter l’utilisation intensive de produits qui détruit leur source de nourriture et qui par là même privent tout un chacun de leur efficacité redoutable de chasseuses d’insectes…
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