|
|
 |
1-1-2004
Tapis rouge pour Zones humides
|
|
| Grassettes - Julien Vergne
|
|
Mal connues et mal aimées des Français, les zones humides semblaient de tout temps peuplées de moustiques et de farfadets, de labyrinthes mouvants et de feu follets mystérieux… Leur assèchement apparaissait presque comme une bénédiction, mais depuis 1971 (signature de la Convention de Ramsar), cette vision a fortement évoluée. Pour la journée mondiale des zones humides qui aura lieu le 02 février prochain, c’est l’occasion de les mettre à l’honneur, sous la thématique « De la montagne à la mer, les zones humides travaillent pour nous ».
Mais d’abord qu’est-ce donc qu’une zone humide ? D’après la Loi sur l’Eau du 3 janvier 1992, il s’agit « des terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre, de façon permanente ou temporaire ». Plus concrètement cela correspond aux mares, sources et abreuvoirs, aux étangs, aux lacs, aux tourbières et mouillères, aux prairies humides et inondables, aux cours d’eau et à leur ripisylve (végétation arborée des berges)… Autant d’espaces peuplés par une faune et une flore bien particulières et surtout avec une caractéristique commune : l’eau. Autant dire qu’il n’en manque pas sur le département ! En effet, plusieurs études menées par l’Association des Naturalistes ont mis en évidence l’importance de ces milieux en Ariège.
Des fonctions naturelles au service de la communauté
Par exemple, un inventaire des mares, sources et abreuvoirs sur les 82 communes du Pays Couserans, terminé fin 2003, révèle la présence de plus de 190 mares, près de 240 abreuvoirs, 9 étangs de grande taille ou encore 13 fontaines bâties… Des chiffres qui paraissent élevés alors qu’il ne s’agit que des survivants à l’arrivée de l’eau courante dans les fermes. C’est à l’issu de ce constat qu’avait démarré cette étude. D’autres vont commencer cette année, et notamment une cartographie de toutes les zones humides du département ou encore celle des plantes envahissantes des cours d’eau : un travail de titan destiné à assurer une meilleure gestion de ces milieux, de leurs fonctions naturelles, au service tant des collectivités que des particuliers.
En effet, l’inventaire est une étape nécessaire pour la protection et la gestion durable de ces milieux. Des espaces qui peuvent se révéler d’utilité publique. Par exemple, une zone humide en fond de vallée participe au bon fonctionnement d’un bassin versant : elle joue un rôle d’éponge en stockant les eaux de pluie et de ruissellement qu’elle restituera aux rivières progressivement. Par là elle permet un étalement des crues et donc un contrôle des inondations. Une fonction qui n’est donc pas anodine ; une parmi tant d’autres, sans compter la valeur patrimoniale de ces espaces qui recèlent une quantité presque « farfadesque » de formes de vies…
|
|
|
|
Source : Article parut dans la Dépêche du Midi en janvier 2004 Auteur : Elza DELMAS
|
|