| Gestes au quotidien
Pour mieux agir en faveur de la nature au quotidien,
il est parfois nécessaire de connaître un peu
mieux le monde dans lequel nous vivons et se
rappeler que nous ne sommes qu’une petite partie
de cet environnement...
La base de tout est
l’observation et le bon sens… Plus facile à
dire qu’à faire ? Pas si sûr !
En
guise d’introduction : bilan de quelques siècles
de culture
Méfions-nous des idées reçues
(souvent fausses) comme par exemple :
> Les araignées,
les guêpes, les serpents, les chauves-souris
(etc…) attaquent l’homme.
> Animaux sauvages = animaux
méchants.
> Les écologistes
ont fait des lâchers de vipères
par hélicoptère un peu partout
en France.
> La grenouille est la femelle
du crapaud ou la chouette est la femelle du
hibou.
> Les mauvaises herbes sont
des herbes mauvaises.
> Etc…
D’où viennent ces "vérités"
? Notre culture est constituée d’une
multitude de croyances et d’expressions
souvent hérités du Moyen-Age où
les conditions de vie des hommes étaient
extrêmement précaires. De plus,
à cette époque l’église,
pour mieux contrôler les hommes, entretenait
les peurs et les mythes en diabolisant tout
ce qui n’était pas connu, domestiqué
ou (encore plus terrible !) tout ce qui vivait
la nuit. Ajoutez à ça la peur
permanente de vivre dans le pêché
et de finir dans les flammes de l’enfer,
les famines, les épidémies et
une très grande pauvreté…
voilà tous les ingrédients réunis
pour rendre nuisible tout ce qui n’est
pas bénéfique pour les hommes.
De nos jours encore, qui ne parle pas de beau
et mauvais temps, d’animaux utiles ou
nuisibles, de mauvaises herbes ? Pourquoi l’animosité,
la bestialité et la sauvagerie sont synonymes
d’hostilité, de violence et de
barbarie alors qu’ils décrivent
des comportements purement humains ?
Petit
rappel de vocabulaire :
- Est méchant
celui qui fait du mal pour le plaisir de faire
du mal.
- Est dangereux ce qui peut faire du mal pour
sa survie ou par accident.
Il n’existe pas d’animal
méchant ! Certains sont dangereux
mais aucun ne fera du mal pour le plaisir (même
un chat qui joue avec une souris répond
simplement à un réflexe de chasse.
C’est un entraînement à sa
survie).
Attention à l’anthropomorphisme.
Si l’on voit un humain se promener avec
une arme à la main il est légitime
d’avoir peur car il a probablement l’intention
de s’en servir. En revanche, une guêpe
se promène toujours avec son aiguillon,
c’est comme ça, elle ne peut pas
faire autrement. Cela ne veut pas forcément
dire qu’elle va s’en servir…
et encore moins contre vous !
« La Nature
n’est ni bonne ni mauvaise, elle cherche
simplement à se rééquilibrer
en permanence. Les animaux ne sont ni gentils
ni méchants, certains peuvent être
dangereux ou non pour nous, tout simplement
! »
Quelques
règles de bon sens et petits trucs :
Si l’on observe
comment fonctionne la nature et qu’on
essaie de reproduire les mêmes mécanismes,
on a relativement peu de chance de faire des
erreurs.
- Tailler un arbre : commencez
par enlever les branches mortes et celles qui
vont probablement bientôt mourir (branches
malades, creuses, parasitées…).
L’arbre ne se fatiguera plus à
lutter inutilement pour se maintenir en bonne
santé et cicatriser ses blessures mais
pourra concentrer toute sa vigueur dans sa croissance
et la production de fleurs.
- Animaux de compagnie : vous
êtes propriétaire d’une tortue
de Floride (avec des tâches rouge-brique
sur les tempes) ou d’un poisson rouge
et, pour une raison ou une autre, vous voulez
vous en débarrasser. Ne relâchez
pas l’animal dans la nature en pensant
faire une bonne action et en ayant la conscience
tranquille. En effet, cet animal va entrer en
concurrence avec les animaux sauvages autochtones
et va perturber le milieu. C’est pour
cette raison que certaines espèces locales
sont devenues très rares dans des endroits
où elles étaient autrefois abondantes.
Cela est particulièrement problématique
avec les espèces aquatiques.
Et il en est de même pour certaines plantes
comme par exemple l’Arbre aux papillons,
encore appelé Buddleia du père
David. Etude sur les plantes envahissantes
- Vous trouvez un oiseau blessé
: avant tout, restez calme et ne vous en approchez
pas trop près afin de ne pas l’effrayer.
Essayez de voir s’il s’agit d’un
jeune tombé du nid. Dans ce cas placez-le
en hauteur, à proximité du nid
ou si le nid n’est pas visible, dans un
arbre ou sur un perchoir à l’abri
des prédateurs. Ses parents continuerons
à le nourrir.
Pour reconnaître un jeune d’un adulte,
il faut d’abord regarder la commissure
du bec de l’oiseau : si vous y voyez de
la peau claire et fripée donnant un air
"boudeur" à l’oiseau,
il s’agit d’un jeune. Vous en serez
certain s’il est couverte de duvet. Mais
attention, un jeune oiseau, dès qu’il
est en âge de voler (et donc a le corps
couvert de plumes), a la même taille qu’un
adulte. Attention donc aux confusions ! Il est
par exemple fréquent que l’on prenne
un martinet pour un "bébé"
faucon.
Pour attraper un oiseau blessé, mettez
lui un chiffon sur la tête pour le calmer
et surtout éviter qu’il vous blesse.
Attention aux griffes. Mettez-le ensuite dans
un carton et dans une pièce fraîche
et calme.
Qui prévenir ? Si vous êtes en
Ariège, contactez-nous : 05 61 65 80
54. Nous donnons les premiers soins aux oiseaux
blessés avant de les acheminer, si besoin,
vers un centre de soins spécialisé.
Les vétérinaire sont malheureusement
souvent impuissants face aux animaux sauvages
qu’ils connaissent mal. Vous pouvez également
contacter directement un Centre
de Soins pour Faune Sauvage
ou la délégation départementale
de l’ONCFS
(Office National de la Chasse et de la Faune
Sauvage). Dans tous les cas il est important
pour l’animal d’alerter rapidement
une structure spécialisée.
> Pour en savoir plus : Notre
plaquette oiseaux blessés
- En cas de piqûre d’insecte,
frottez la piqûre avec des feuilles de
plantain froissées, c’est efficace
et ça vaut aussi pour les piqûres
d’orties ! Le plantain est une herbe (ou
plutôt une "mauvaise" herbe)
à larges feuilles et à nervures
parallèles qui se trouve le long de tout
bon chemin (bien piétiné) qui
se respecte. Comme quoi, une mauvaise herbe
n’est pas mauvaise ! Attention, nous vous
conseillons vivement de consulter un ouvrage
d’identification des plantes pour être
sûr de bien reconnaître le plantain
et si vous êtes allergiques aux piqûres
d’insectes, contactez de toute façon
un médecin.
À propos des piqûres d’insectes,
voici un autre truc bon à savoir : en
général, les insectes qui ont
un aiguillon peuvent s’en servir contre
nous pour se défendre mais pas pour attaquer.
Les insectes qui mordent ou piquent avec leur
"bouche", comme les taons ou les moustiques,
"attaquent" car notre sang les intéresse
: nous sommes une "proie" pour eux.
De plus, c’est généralement
nous qui générons ces "attaques".
En effet, quand nous sommes énervés
et stressés, nous dégageons des
signaux d’alerte et de la chaleur que
les insectes captent et qui peuvent les faire
"attaquer". C’est pourquoi les
taons et les guêpes vont préférentiellement
sur les personnes stressées plutôt
que sur les calmes… Oubliez-les et elles
vous oublieront !
> Pour en savoir plus…
commandez notre livret :
Agir pour la
nature : Évitons les erreurs,
ANA 2001
Fiches pratiques pour connaître les bons
gestes et défaire les idées toutes
faites.
Thèmes : chauves-souris, nichoirs, protection
des espèces (faune/flore), champignons,
tortues domestiques...
10 X 21 cm, 15 fiches illustrées,
reliées par un rivet. ISBN 2-910506-10-X,
2 €
Contact Marie-Claude Vergé : marie-claude.v@ariegenature.org
ou 05 61 65 80 54
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