
L’année 2024 a posé des bases réglementaires, accéléré certains usages terrain et commencé à trier les promesses technologiques qui tiennent de celles qui s’essoufflent.
AI Act européen : ce que les équipes techniques doivent anticiper dès maintenant
La tendance la plus structurante de 2024 dans la tech ne vient pas d’un produit, mais d’un texte juridique. L’AI Act européen entre en application progressive, avec des obligations concrètes qui deviennent opérationnelles à partir de 2025-2026 selon les catégories de systèmes. On parle d’exigences de transparence, de supervision humaine et de documentation technique.
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Le réflexe courant consiste à penser que seuls les grands groupes sont concernés. Les retours terrain montrent le contraire : une PME qui utilise un outil SaaS intégrant de l’IA (scoring client, tri de candidatures, chatbot de support) tombe potentiellement dans le périmètre de l’AI Act. La question n’est plus de savoir si on « fait de l’IA », mais si l’outil qu’on utilise en fait pour nous.
Concrètement, cela implique de cartographier les briques IA présentes dans la stack logicielle, d’identifier les niveaux de risque associés et de documenter les processus de décision automatisés. Ce sujet de gouvernance interne occupe désormais autant de place que les annonces produit sur les infos tech sur Newsyoung.
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IA générative en 2024 : consolidation plutôt que croissance linéaire
L’enthousiasme autour de l’IA générative a dominé 2023. En 2024, on entre dans une phase différente. Les données disponibles sur le marché français montrent un infléchissement : le trafic lié aux outils d’IA en France a baissé sur plusieurs mois début 2026, signe que l’adoption grand public plafonne après la vague initiale.
Sur le terrain, les équipes qui ont déployé des assistants IA en interne rapportent des résultats contrastés. Les gains de productivité existent sur des tâches précises (génération de brouillons, synthèse de documents, traitement de données tabulaires). En revanche, les retours varient sur la fiabilité des sorties pour des tâches à forte exigence de précision.
Où l’IA générative tient ses promesses
- La rédaction de premiers jets et la reformulation de contenus techniques, où le gain de temps est mesurable et le risque d’erreur contrôlable par relecture humaine
- L’analyse et le résumé de corpus documentaires volumineux, notamment dans les secteurs juridique et financier
- Le prototypage rapide de code, à condition de disposer d’une équipe capable de vérifier et corriger la sortie
Le piège fréquent consiste à déployer un outil d’IA générative sans définir de workflow de validation. On se retrouve alors avec des contenus ou des décisions automatisées que personne ne supervise, ce qui pose un problème direct au regard de l’AI Act.
CES 2024 et salons tech : au-delà des annonces, les signaux terrain
Le CES 2024 à Las Vegas a réuni plus de 4 000 exposants, avec une présence massive de startups françaises. L’intelligence artificielle était partout, de la santé aux transports.
Ce qui retient davantage l’attention des professionnels, c’est la convergence entre plusieurs briques technologiques sur des cas d’usage précis. La robotique couplée à l’IA de vision progresse dans la logistique et l’agriculture. La réalité mixte commence à trouver des applications industrielles au-delà du divertissement, notamment pour la maintenance assistée à distance.
Trois signaux à surveiller après le CES 2024
La tech longue durée (des produits conçus pour durer et être réparés) marque un virage par rapport au cycle d’obsolescence rapide. La gestuelle sans contact et les interfaces multisensorielles progressent également, portées par des capteurs plus précis et moins coûteux.
L’informatique quantique continue de sortir du registre théorique. Plusieurs acteurs industriels investissent dans des cas d’usage concrets (optimisation de chaînes logistiques, simulation moléculaire), même si les applications commerciales à grande échelle restent à l’horizon de la fin de la décennie.

Conformité numérique et GreenTech : les contraintes devenues tendances
En 2024, parler de tendances tech sans mentionner les contraintes réglementaires revient à décrire un chantier sans parler du permis de construire. Au-delà de l’AI Act, la directive CSRD impose aux entreprises de nouvelles obligations de reporting extra-financier qui touchent directement les DSI.
La GreenTech n’est plus un argument marketing mais une contrainte opérationnelle. Les équipes infrastructure doivent mesurer et réduire l’empreinte carbone de leurs datacenters, optimiser la consommation énergétique des traitements IA et documenter leurs efforts pour les rapports de durabilité.
- L’optimisation énergétique des modèles d’IA (réduction de la taille des modèles, inférence locale plutôt que cloud systématique) devient un critère de choix technique
- Les outils de monitoring carbone intégrés aux pipelines CI/CD commencent à se répandre dans les équipes DevOps
- La 5G privée, déployée sur des sites industriels, permet de réduire la latence tout en maîtrisant le périmètre réseau, avec un intérêt croissant dans l’industrie manufacturière et la logistique
Ces contraintes créent un nouveau marché, celui de la RegTech (technologies de conformité réglementaire), qui connaît une croissance soutenue depuis deux ans. Les outils de compliance automatisée, de KYC et de gestion des risques IA s’intègrent progressivement dans les stacks d’entreprise.
L’année 2024 restera celle où la tech a dû composer avec ses propres règles du jeu. Les équipes qui ont pris de l’avance sur la conformité IA et le reporting environnemental se retrouvent mieux positionnées que celles qui ont uniquement couru après la dernière fonctionnalité à la mode.